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crise imminente de l'euro / les enjeux

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MessageAuteur
MessageRe: crise imminente de l'euro / les enjeux
par nofear Jeu 5 Juil 2012 - 0:57

Citation :
tres interessant § sur la situation française, et encore une claque à
hollande qui se renie une fois de plus, cette fois sur la régle d'or

Les élections c'était choisir entre la pendaison ou la noyade ... aaarf

ça date de février 2012 mais ce qui était le futur est devenu le présent ...

http://www.dailymotion.com/video/xoxg6v_nicolas-doze-le-mes-est-un-piege-diabolique-21-02-2012-bfm-business_news


© Nofear / Hardinvestor / On appelle esprit libre celui qui pense autrement qu'on ne s'y attend de sa part en raison de son origine, de son milieu, de son état et de sa fonction, ou en raison des opinions régnantes de son temps. Il est l'exception, les esprits asservis sont la règle. Ce que ceux-ci lui reprochent, c'est que ses libres principes, ou bien ont leur source dans le désir de surprendre ou bien permettent de conclure à des actes libres, c'est-à-dire de ceux qui sont inconciliables avec la morale asservie." (Friedrich NIETZSCHE, Humain, trop humain) mon tweet perso: @ghostbikerman

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MessageRe: crise imminente de l'euro / les enjeux
par nofear Jeu 5 Juil 2012 - 1:42

Citation :





en grand format : http://olivierdemeulenaere.files.wordpress.com/2010/05/dette-europe-toile.jpg

Ce graphique a été publié le 1er mai par le New York Times.
Il met en évidence le caractère inextricable des finances publiques des
PIIGS . Un simple coup d’oeil suffit pour comprendre «l’effet domino».
Plus la flèche est épaisse, plus la dette est importante. Ainsi, la vraie raison de l’attaque des marchés contre l’Espagne depuis hier est matérialisée par la grosse flèche rouge qui la relie au Portugal : les banques espagnoles détiennent la plus grosse part de la dette publique portugaise.

Mais une autre évidence s’impose : contrairement à ce qu’essaient de nous faire croire certains, notamment Dominique Strauss-Kahn,
les grands pays ne sont en aucun cas à l’abri d’une contagion. La
France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont même très gravement
exposées, en particulier à la dette de l’Espagne. Que celle-ci tombe
(avant ou après le Portugal), et c’est l’ensemble du système bancaire européen – et donc l’euro – qui s’effondre.


http://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2010/05/05/la-toile-daraignee-de-la-dette-europeenne/






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MessageLa Finlande annonce officiellement qu'elle préfère sortir de l'euro plutôt que de payer les dettes des autres
par marie Ven 6 Juil 2012 - 15:45




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Messagerespublica: L’Allemagne ne paiera pas :1° Même si on lui donne les clés du camion. 2° L’impossible sortie de crise dans le cadre de l’euro de Maastricht
par g.sandro Jeu 12 Juil 2012 - 10:12

respublica: L’Allemagne ne paiera pas :1° Même si on lui donne les clés du camion. 2° L’impossible sortie de crise dans le cadre de l’euro de Maastricht

Un article interessant en deux parties que j'ai accolées pour plus de cohérence, c'est assez rare que des analystes de "gauche" se pronnoncent sur le sujet, a fortiori sans mâcher leurs mots...là où il y a paradoxe ( paradoxe allemand? aaarf ), c'est dans la coéxistence, d'une part, d'une dénonciation pertinente et ferme des "européistes" des "fédéralistes" et, d'autre part une absence de solution qui ne le soit pas. r.ire

Citation :
L’Allemagne ne paiera pas ! Même si on lui donne les clés du camionhttp://www.gaucherepublicaine.org/respublica/lallemagne-ne-paiera-pas-meme-si-on-lui-donne-les-cles-du-camion/4734

Jeudi 28 juin 2012
Par Michel Zerbato
Universitaire.
Auteur de "Néolibéralisme et crise de la dette, aux éditions "Osez la République Sociale"
Permalien vers cet article
L’UE est à un moment crucial (un de plus) : la Grèce pourtant exsangue semble prendre la voie de rester en zone euro, ouf ! mais il est déjà question de renflouement pour l’Espagne et l’Italie qui vont de plus en plus mal, ainsi que c’était prévisible. On préparerait des plans de sauvetage d’un montant de l’ordre de 750 milliards d’€, mais il en faudra sans doute beaucoup plus, et cela ne permettra tout juste, encore une fois, que gagner du temps. Gagner du temps, parce qu’on ne pourra encore concevoir que d’emprunter, c’est-à-dire s’endetter tous pour désendetter quelques-uns. Beaucoup plus, parce que l’austérité qui devra accompagner ces plans éventuels afin de les crédibiliser ne fera qu’enfoncer tout le monde, pays riches compris, encore plus profondément dans la dette. Nombre de dirigeants de l’UE le savent bien, mais peu encore l’admettent. Quoi qu’il en soit, l’idée de ceux qui voudraient éviter le jeu de dominos de l’austérité est alors de faire payer l’Allemagne, comme le prétendait déjà Clemenceau au début des années 20 pour financer sa politique de reconstruction avec un franc fort pour écarter l’inflation. L’Allemagne qui profiterait de l’euro, qui devrait se montrer solidaire, etc.

Mais on n’a jamais vu de vaincu faire payer le vainqueur. Et rarement l’inverse, d’ailleurs ! Le vainqueur peut toujours « se payer sur la bête », après une « bonne guerre », mais en matière internationale « civilisée », avec paiements en monnaie, un pays ne peut payer que s’il exporte, ce qui lui procure de la monnaie internationale. L’Allemagne exporte, elle a donc les moyens, et elle exporte principalement (pas loin des deux-tiers) vers les pays européens : donc elle a intérêt à payer, car l’austérité imposée aux pays de l’UE lui ferme ses débouchés.
Il semble que l’Allemagne veuille bien commencer à envisager de pouvoir payer, mais à la condition expresse que ceux qu’elle aiderait acceptent de lui rendre des comptes. La solidarité restreinte au périmètre du « Traité budgétaire ». Il est certain que si elle était avérée, l’information selon laquelle la Grèce n’aurait pas réduit le nombre de ses fonctionnaires, ainsi qu’elle s’y était engagée en contrepartie de l’aide reçue, n’aiderait pas l’Allemagne à « confier sa carte bleue ». Les réticences allemandes tiennent notamment à l’idée libérale que la discipline des coûts et le libre-échange sont la condition de la vérité des prix et du retour à la croissance. Mais, contrairement à ce que prétend l’idéologie du marché, il n’est pas un mécanisme d’équilibre, mais de pouvoir, et l’échange n’est pas gagnant pour tous, ne serait-ce que parce que tous ne peuvent pas être exportateurs nets en même temps.
Le « grand marché » devait homogénéiser l’espace européen et la monnaie unique renforcer cette marche vers l’intégration. Le principe était que l’impératif d’être concurrentiel contraindrait chacun à tenir ses coûts, à commencer par les coûts salariaux, la contrepartie étant que les gains de l’échange feraient converger les différentes économies. La crise de l’euro met en danger l’UE elle-même, et donc la stratégie d’intégration des pays européens dans la mondialisation via le marché « libre et non faussé ». De là, si on comprend que la crise de l’euro est la crise de la forme libérale d’intégration dans une économie mondiale capitaliste en crise structurelle, on comprend que regarder la crise de l’euro par le petit bout de la lorgnette conduit à la traiter en elle-même par des réformes cosmétiques et ne peut que générer l’échec à maîtriser le cours des choses.
Toute stratégie de sortie de crise ignorant la vraie nature de la crise de la dette et de l’euro propose différentes solutions techniques qui ne sont que cautère sur jambe de bois, parce qu’elles impliquent toutes, en dernier ressort, une Allemagne qui ne paiera pas, non point parce qu’elle ne le veut pas ou parce qu’elle ne le peut pas, mais parce que les lois de l’économie capitaliste s’y opposent. Elle paie déjà, mais elle cherche à donner les clés du camion à la bureaucratie européenne, pour faire payer les peuples. Seule l’implosion de l’euro permettra et imposera la reconstruction de l’UE sur d’autres bases, saines, celles de la démondialisation.

I. La vraie nature de la crise de la dette et de l’euro
L’Allemagne veut faire payer les peuples cigales. Mais d’où vient leur dette ? (qui assure des débouchés aux fabricants d’armes, etc.). Et d’où vient le pouvoir de l’Allemagne d’imposer ses choix économiques et sociaux ?

a- La crise de la dette, symptôme d’une « grande crise » du capitalisme
L’enlisement de l’euro résulte d’une profonde erreur d’analyse des causes de sa crise. La crise européenne a d’abord été attribuée au laxisme des gouvernements devant les effets de la crise financière de 2008 : le choix de la vie à crédit au lieu des efforts de rigueur nécessaires pour rétablir la compétitivité et financer le modèle social. On a ensuite mis l’accent sur les défauts de gouvernance de l’euro et l’incapacité des européens à prendre le problème à bras le corps, la politique des petits pas les condamnant à toujours courir après les événements.
C’est là confondre la réalité de la crise, qui s’enracine dans l’inefficacité de l’appareil productif, et sa manifestation, l’endettement. Cela ôte à l’expert toute capacité de prévision du cours des événements et le condamne à changer de monture au fur et à mesure que son argumentation se révèle fausse. Il perd toute maîtrise du cours des événements.
La compréhension de la nature capitaliste de l’économie dite de marché permet de dire que la crise est mondiale, et non seulement européenne, preuve en est, si besoin, l’attention que portent les EU et la Chine aux événements en Europe. Les stratégies nationales de ces deux pays seraient en effet directement contrariées par une éventuelle chute de l’euro : les É-U tentent de redémarrer par une politique monétaire de dépréciation du dollar, tandis que la Chine doit continuer d’exporter pour maintenir son taux de croissance.
La dynamique d’une économie capitaliste réside dans la valorisation de l’argent engagé dans le circuit : les banques commerciales prêtent aux entreprises l’argent dont elles ont besoin pour fonctionner ; si elles sont compétitives et vendent leur production à prix suffisamment rémunérateur, les entreprises remboursent le capital emprunté augmenté de l’intérêt prélevé sur leur profit. L’argent étant la contrepartie de la richesse réelle, la crise manifeste alors l’incapacité des entreprises à créer de la richesse de manière économiquement rentable, ce qui obère la rentabilité financière qui seule intéresse les actionnaires. La réaction logique de base est de retrouver la compétitivité par la baisse des coûts salariaux : ce que l’on appelle rigueur ou austérité, selon le camp d’où on parle, et que l’Allemagne présente comme réformes structurelles pour la croissance. La premier réflexe est de licencier, pour abaisser la masse salariale, l’armée de réserve ainsi constituée faisant pression pour que les encore salariés acceptent la modération. En même temps, on s’attaque aux services publics, c’est-à-dire à la redistribution, le modèle social étant alors mis en cause, parce que trop cher, trop protecteur, etc.
S’il veut éviter de trop matraquer (fiscalement, socialement, etc.) le peuple, un pays soumis à un étalon monétaire international (l’or avant-guerre, le dollar après) peut dévaluer pour tenter de stimuler ses exportations. Mais la dévaluation renchérit les produits importés, ce qui pousse les prix nationaux à la hausse et induit des revendications salariales. Si la crise est structurelle, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas que d’une question conjoncturelle, et que les gains de productivité ne suffisent plus à compenser la hausse des salaires, cela enclenche la spirale inflation-dévaluation (comme ce fut le cas dans les années 70). Les années dites « piteuses » furent ainsi des années de stagflation, avec la concomitance de l’inflation, qui ronge l’épargne, et du chômage, tous deux mettant à mal la cohésion sociale.
Un pays qui n’exporte pas parce qu’il est trop cher et qui veut éviter les troubles sociaux, ne peut alors que se tourner vers la dépense publique, afin de soutenir la croissance et l’emploi. S’il peut emprunter, il risque de s’engager dans une vie à crédit permanente si sa difficulté à exporter n’est pas conjoncturelle mais structurelle. En effet, si ses structures productives ne sont pas adaptées à la demande mondiale (s’il est spécialisé dans des biens que peuvent produire les pays à bas salaires) ou si ses réseaux commerciaux sont inefficaces, les débouchés sont indépendants du niveau des prix. Dans ce cas, si l’État s’endette en espérant que l’économie va repartir alors qu’il s’agit d’une « grande crise », comme dans les années 20-30 ou comme depuis la fin des 30 glorieuses, c’est sans espoir.
Même si on dit souvent, en référence à Keynes, que la dette de l’État n’est pas de même nature que celle d’un ménage, parce que « les ménages dépensent ce qu’ils gagnent, tandis que les entreprises gagnent ce qu’elles dépensent » (Kalecki). C’est vrai si l’offre est élastique, si elle peut suivre la demande : par exemple l’Italie du textile est capable d’inonder très vite le marché dès qu’une tendance apparaît. Mais il faut que les entreprises soient capables de produire plus sans accroître les coûts, voire puissent les réduire. En cas de crise structurelle, la dette publique ne peut être considérée comme un instrument d’action positive. Tout au plus un palliatif momentané. Qui aggrave le mal et qui soumet à la loi du plus fort, l’exportateur, le créancier.
Pour emprunter, un pays maître de sa monnaie peut s’adresser à sa banque centrale, ce que l’on appelle « faire marcher la planche à billets » : le pays se fait crédit à lui-même. En cas de crise structurelle, la création monétaire souveraine permet l’inflation et participe à l’euthanasie du rentier. Dans le cadre de l’euro, système d’étalon à parités irrévocablement fixes, dont la mise en place avait pour objectif d’empêcher la dévaluation et de protéger l’épargnant, la banque centrale ne prête pas aux États (en principe) et ledit pays n’a d’autre solution que d’emprunter aux « marchés », pour autant que ceux-ci aient confiance. Mais l’appel aux marchés, c’est la revanche du rentier, qui pourra faire payer le prix fort et imposer ses choix à l’État : austérité salariale, rigueur sociale, etc. Ainsi, au tournant des années 80-90 les partenaires de l’Allemagne ont subi « l’étau des taux », serré par le SME (système monétaire européen) après que l’Allemagne eut réagi par la rigueur aux crises générées par la politique de Reagan aux É-U. La bureaucratie étatico-financière reçoit alors les clés du camion dans la mesure où elle gère les affaires de l’État dans le sens bien compris des intérêts de la finance contre ceux des peuples. Les pays économiquement faibles sont condamnés à appeler au secours et abandonner leur souveraineté. Les élites dirigeantes n’en sont pas plus affectées et acceptent sans peine de voir la Troïka s’installer à chaque chute d’un domino.

b- L’euro ou la loi du plus fort
En effet, l’euro, monnaie unique, est une source de concurrence et non de solidarité entre les pays qui adhèrent à la zone. Selon la doctrine libérale, la concurrence « libre et non faussée » entre agents économiques garantit que le marché met en harmonie tous les plans d’actions individuels. Mais la doctrine libérale est fondée sur une théorie économique dans laquelle la monnaie est réduite au statut de pur véhicule du pouvoir d’achat des uns ou des autres, le seul critère de gestion de la monnaie étant d’éviter l’inflation, qui fausse le calcul économique des épargnants, ou la déflation, qui fausse celui des producteurs (par excès ou défaut d’émission). Cette doctrine nie la nature nationale de la monnaie, elle nie les frontières, elle nie les politiques étatiques actives, en un mot elle nie la politique et la souveraineté du peuple.
Or, même si la monnaie est unique, elle met en compétition les différents États, dans la mesure où les critères de Maastricht imposent, via la concurrence « libre et non faussée », en échange des avantages de la monnaie unique, la rigueur budgétaire et salariale. Avantages, en effet, puisque tous les agents des pays de la zone peuvent emprunter à des taux déterminés par les performances économiques de la zone, donc des taux tirés vers le bas par les pays compétitifs, exportateurs et à croissance forte. Et les États profitent de la crédibilité globale de la zone, crédibilité qui dépend du respect des critères de Maastricht (inflation, déficit et dette publics). Ces avantages n’ont pas duré.
Car la monnaie unique a vocation à être une monnaie forte, tirée par les exportations des plus forts, ceux qui ont des avantages structurels dans l’échange international. Cela induit un problème de débouchés pour les moins forts, puisqu’ils doivent être compétitifs au sein de la zone ou vendre cher hors Europe. Ainsi, l’euro impose la rigueur salariale, puisqu’il n’y a plus la possibilité de dévaluer pour éviter le déficit commercial. C’est la désinflation compétitive permanente, dans le prolongement de la stratégie adoptée en 83 par la France pour ne pas quitter le SME. Aujourd’hui imposée par l’adoption de l’euro, la contrainte est encore plus rigide.
La crise économique va renforcer encore ladite contrainte, de par le caractère national des systèmes bancaires, et donner du poids à l’Allemagne. En effet, chaque pays conserve sa banque centrale et les européens ont dû mettre en place un système de règlements intégré au sein de la zone, Target pour simplifier. Et avec la crise, ce système n’est plus équilibré, car il devient un système implicite de transferts vers les pays en crise de la dette souveraine.
En effet exporter crée une créance sur le pays importateur : si la Chine vend des ordinateurs aux É-U, elle reçoit des dollars de l’entreprise importatrice, qui a payé son achat, certes, mais ses dollars sont désormais une créance sur les É-U. La Chine peut les utiliser pour acheter des Boeing, par exemple, et les ordinateurs sont payés par une richesse réelle. Elle peut aussi les utiliser pour acheter des BT US, c’est-à-dire remplacer la créance initiale par une autre créance, financière (ou, de même, via une entreprise chinoise qui prendrait une participation dans une entreprise US). La Chine peut aussi utiliser ces dollars auprès de tout pays les acceptant en paiement.
Ce qui vaut pour les biens et services vaut pour les capitaux : acheter des titres étrangers induit de la même manière des créances internationales même si les transactions entre agents sont soldées. Si des flux entrants de capitaux compensent le déficit commercial, la balance des paiements est équilibrée. Un pays qui a une balance des paiements excédentaire accroît le stock de devises dans le bilan de sa banque centrale, ce qui permet au système bancaire d’émettre plus de monnaie, ce qui devrait, selon le principe monétariste, faire monter les prix, réduire les exportations et rétablir l’équilibre. Mais ça ne fonctionne pas tout à fait comme dans les manuels d’économie : si la crise est structurelle, les pays déficitaires ne se rétablissent pas (voir l’échec des dévaluations de la fin des trente glorieuses). Il y a alors une créance permanente, qui ne peut que s’accroître, des pays excédentaires, qui deviennent de plus en plus forts, sur les États en difficulté, toujours plus affaiblis.
Une zone monétaire de type étalon or du XIXe ou bloc or des années 30, imposait au pays leader de financer les déséquilibres au sein de la zone. Pour éviter les troubles consécutifs à l’incapacité du leader et à son refus de continuer à tenir la zone à bout de bras, Keynes avait imaginé, et proposé à Bretton Woods, le bancor, une monnaie purement véhiculaire, réservée aux paiements internationaux. Dans l’esprit de Keynes, elle permettait aux pays en déficit de rétablir leur situation dans les échanges sans devoir adopter une politique d’austérité interne porteuse de chômage et de risques sociaux. Il était dans l’illusion d’un monde capitaliste potentiellement homogène et qui le deviendrait pourvu qu’il soit bien gouverné. De la même manière, les élites européennes cherchent aujourd’hui des solutions purement techniques pour sauver l’UE de dangers qu’elle génère par sa construction même.
Alors que l’euro bute sur le même problème que la monnaie-marchandise hier, et le pays leader de la zone, l’Allemagne doit par construction payer pour les autres, comme la Grande Bretagne de l’étalon or ou la France du bloc or, et pas plus qu’elles, elle n’en a réellement les moyens. L’Allemagne ne paiera pas pour ne pas se noyer avec les autres.
En effet, au sein de l’eurozone, la monnaie est certes unique, mais sa création reste nationale : les banques françaises créent les euros pour la France, les grecques pour la Grèce, etc. Quand un importateur français achète une machine-outil allemande, il envoie un chèque au fabricant, qui lui le dépose à sa banque ; cette dernière, allemande, détient ainsi une créance sur la banque émettrice du chèque, française. Si cette créance est compensée par une entrée en France de capitaux allemands (par exemple des achats de bons du Trésor par quelque banque allemande qui a ses euros à placer), les comptes du système Target constatent un équilibre global de la balance des paiements française. La Banque de France refinance alors les besoins des banques des importateurs de marchandises avec les excédents des banques des importateurs de capitaux.
Le problème de la dette se pose dès que la crise éclate : en 2007 la crise financière a mis en danger les banques des pays les plus fragiles (on ne dit plus les PIGS, mais les GIPS), les capitaux ont fuit ces pays risqués et sont allés se placer en Allemagne (qui peut maintenant emprunter à taux négatifs, alors que les GIPS, mais bientôt l’Italie, n’ont plus accès aux marchés financiers qu’à des taux quasi-prohibitifs). Résultat, les banques allemandes gavées d’euros ont des réserves énormes auprès de la Bundesbank, tandis qu’à l’opposé, les banques commerciales des pays déficitaires sont sans ressources puisque désertées par les placements qu’elles avaient reçus. Les autres banques centrales nationales de ces pays ont dû refinancer leurs banques, ce qu’elles n’ont pu faire qu’avec le soutien de la BCE. Pour sauver le système, celle-ci a en effet accepté de les refinancer à son tour, en recourant à des « procédures non conventionnelles ». Comme cela accroissait la masse monétaire dans les pays déficitaires et pour éviter de libérer les forces inflationnistes, elle a en conséquence freiné d’autant la création monétaire dans les pays excédentaires.
Au total, d’une certaine façon, l’Allemagne paie, puisqu’elle est la principale garantie de la BCE : les prêts de l’UE (via la BCE) aux pays en difficulté sont en réalité des prêts allemands, dans la mesure où il est clair qu’elle sera le dernier domino debout. Avec l’aggravation de la crise de la dette, la situation est désormais intenable, mais les solutions proposées ne sont guère plus viables, puisque toutes reviennent à vouloir faire payer l’Allemagne, qui n’en a plus les moyens.

L’Allemagne ne paiera pas – 2 : L’impossible sortie de crise dans le cadre de l’euro de Maastricht
http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/lallemagne-ne-paiera-pas-2-limpossible-sortie-de-crise-dans-le-cadre-de-leuro-de-maastricht/4784

Mercredi 11 juillet 2012
Par Michel Zerbato
Universitaire.
Auteur de "Néolibéralisme et crise de la dette, aux éditions "Osez la République Sociale"
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Voir la première partie de cette analyse.

L’échec constant des plans de sauvetage issus de la litanie de « sommet de la dernière chance » a fini par faire admettre jusqu’aux européistes les plus libéraux qu’il fallait sortir du cadre institutionnel actuel. Mais faute de bon diagnostic sur la nature de la crise, leurs propositions de changements sont tout aussi illusoires. L’euphorie qui a suivi les annonces du « dernier » sommet des 28 et 29 juin s’est totalement dissipée en moins d’une semaine, et les taux auxquels ont pu emprunter les États espagnol et italien remontent, comme à chaque fois pour les pays au cœur de la tempête financière. Le président du Conseil italien Mario Monti peut fustiger les déclarations « nordiques », notamment finlandaises, qui décrédibilisent, selon lui, des accords durement obtenus et dont il réclame la mise en œuvre rapide, si les taux remontent, c’est bien que les marchés ont compris que la mutualisation de la dette des Etats européens, qu’ils réclament depuis toujours, est loin d’être acquise.

Ils l’ont compris comme l’ont compris tous les européistes, de gauche ou de droite, qui reconnaissent enfin que l’UEM et la zone euro sont, sinon dans une impasse, du moins dans une passe difficile. Tous ceux-là partagent désormais une même vision globale de la manière d’en sortir : réformer la gouvernance de la zone pour avancer au moins à quelques-uns et construire cet espace de solidarité dont l’euro devait écarter le besoin. La crise grecque a vite montré qu’il fallait mettre en place des mécanismes d’assistance au sein de la zone euro, mais leur principe allant à l’encontre du mythe fondateur de l’euro selon lequel l’intégration monétaire préserverait les entrants de tout souci monétaire et financier (pourvu qu’ils respectent les critères de Maastricht), ils sont restés implicites, et présentés comme de la solidarité. Ainsi, la BCE est certes intervenue, mais de façon la plus minimale possible, quand il y avait le feu, les dirigeants préférant, selon la logique néo-libérale, prévoir des mécanismes de stabilisation de l’euro (FESF puis MES). Mais tout cela va à l’encontre des traités existants et relève du bricolage institutionnel. Et l’idée s’est imposée que l’on ne réglera réellement les problèmes de la dette qu’après refonte de la gouvernance de la zone.

On en est arrivé à cette remise en cause des traités d’union parce que l’échec à résoudre la crise de la dette dans le cadre institutionnel existant est tellement patent, et le besoin de sauver l’euro si prégnant, que le sujet n’est plus tabou. Depuis deux ans, les plans se succèdent, accompagnés d’innovations institutionnelles, mais cela n’a rien réglé jusqu’ici, seulement gagné du temps, et il n’en sera pas autrement à l’avenir, car cela reste dans la logique néo-libérale de l’euro : la stabilisation de l’économie dépend uniquement de l’austérité salariale, fond idéologique permanent des dirigeants conservateurs de l’économie de marché.

Beaucoup de commentateurs voient dans ces accords une avancée « fédéraliste », avancée que réclame l’Allemagne vers plus d’intégration, à la fois bancaire, budgétaire et donc politique, en échange de son aval à la réforme de l’euro. Mais, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, ce nouveau cadre ne prépare pas un espace de solidarité, dans lequel l’Allemagne accepterait de payer, parce qu’au contraire il s’agit, dans le prolongement de toute l’histoire de l’euro depuis 1992, de mettre en place un cadre institutionnel obligeant à faire payer les peuples. Ce qui exonèrerait l’Allemagne de toute responsabilité et qui relativise les hourras de victoire de la « bande des quatre » (les sudistes) à la sortie dudit sommet.

L’impasse du cadre austéritaire existant
Dans le cadre institutionnel existant, rien ne peut se faire sans l’aval de l’Allemagne, qui seule peut payer et qui n’a aucune raison de le faire, au contraire. Les pays relativement solides ne sont pas prêts à lui confier les rênes de l’UE en échange de sa solidarité, car un transfert explicite de souveraineté est, pour l’instant du moins, politiquement inenvisageable.

Devant l’incapacité des États premiers touchés à rétablir leurs finances et le danger subséquent de voir l’euro imploser, les dirigeants européens ont défini des plans d’aide successifs, visant, dans l’immédiat, à sauver le système bancaire, et, à plus longue vue, à en assurer la stabilité.

Sous la pression du FMI se faisant le porte parole de la « communauté » mondiale (en fait les É-U, mais aussi la Grande Bretagne, la Chine, le Brésil, eux-mêmes en crise et faisant fonctionner leur planche à billets), qui craint le chaos généralisé, l’UE a d’abord mis en place le FESF, qui passe maintenant le relais au MES, et collaboré au sein de la Troïka pour gérer les plans de restructuration (on ne dit pas « d’ajustement structurel ») des pays en difficulté. Cela n’a guère résolu les problèmes, dans la mesure où, la crise n’étant pas passagère, mais structurelle, cela revenait à endetter durablement les uns pour désendetter les autres, c’est-à-dire à remplir un nouveau tonneau des Danaïdes.Les dirigeants de la zone sont alors convenus qu’il fallait restaurer la compétitivité des faibles en réimposant la discipline salariale que les critères de Maastricht ont échoué à maintenir. Divers accords intergouvernementaux ont construit des institutions à côté de celles prévues par les traités communautaires, et souvent en contravention desdits traités, à l’instar, par exemple, de l’article 125, dit de la clause de « no bail out », qui prévoit que l’Union ne renfloue pas un État en difficulté, qui doit assumer ses actes (problème de l’aléa moral). Parmi ces accords, le plus important aujourd’hui est le TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’UEM, prévu lors du sommet du 9 décembre 2011et désigné couramment par « Pacte budgétaire ». Important car il institue la règle d’or (en gros, obligation de l’équilibre des finances publiques avec sanctions automatiques) et compétence de la Commission européenne, qui reçoit donc une partie de la compétence budgétaire nationale. Mais cela est long à mettre en place et la crise s’aggrave de jour en jour, la hausse des taux touchant l’Espagne et l’Italie, nouveaux pions menacés.

Devant l’urgence, des voix se sont alors élevées pour réclamer que la BCE intervienne, à l’image des autres banques centrales. Mais ceux qui s’étonnaient du refus de la BCE d’acheter des obligations d’État sur le marché primaire, c’est-à-dire de prêter directement aux États de l’UE, comme la FED ou la Banque d’Angleterre prêtent aux leurs, faisaient semblant de croire que la BCE refusait seulement d’imprimer des euros par crainte des effets inflationnistes, si ce n’est par simple respect de ses statuts. En réalité, la BCE n’agit pas comme les autres banques centrales parce qu’elle ne le peut pas, parce qu’elle n’est pas véritablement une banque centrale. Demander le financement direct par la BCE, c’est demander à l’Allemagne de porter sur son dos toute la misère de l’UE.

En effet, la BCE est bien la composante centrale du SEBC (système européen de banques centrales), mais elle n’est pas la banque d’un État, encore moins d’une nation. Or, une banque centrale tient sa capacité d’agir de la souveraineté d’un peuple qui accepte, en tant que contribuable, de garantir les prêts, c’est-à-dire la création monétaire, de ladite banque centrale. En effet, une banque centrale est une entreprise comme une autre, dotée d’un actif et redevable d’un passif. Ses prêts s’inscrivent à l’actif de son bilan comme créance sur l’emprunteur et au passif comme engagement de payer. Si l’emprunteur fait défaut, soit la banque est mise en faillite, mais l’économie du pays ne fonctionne plus, et ce peut être la révolution ou la guerre, soit elle est recapitalisée par les actionnaires, c’est-à-dire la nation, concrètement les contribuables, en tant que citoyens-peuple, qui se serrent la ceinture, par l’impôt, l’inflation ou le chômage, selon le rapport de forces politique au sein du pays.

Dans le cas de la BCE, les actionnaires sont les pays de la zone, au prorata de leur part dans le PIB global. Il s’agit principalement, en gros, de l’Allemagne, pour 28 %, et de la France, pour 20 %. Mais l’engagement réel est bien plus important pour les contribuables allemands, pratiquement les seuls que l’on puisse croire capables de payer : les petits pays nordiques sont tout aussi crédibles, mais leur poids est marginal, sauf bien sûr en termes de vote quand l’unanimité est requise. Quant aux pays à secourir, ils auront du mal à fournir leur quote-part du financement des secours. On comprend donc qu’il soit politiquement difficile à l’Allemagne d’accepter que la BCE n’aille « trop » loin dans ses actions de sauvetage.

Condamnés à l’austérité, certains ont alors imaginé, pour le pas suivant, de mutualiser la dette sous la forme de l’émission d’euro-obligations («eurobonds »). Mais cette forme de solidarité, plus explicite, était encore moins acceptable que la précédente : comment l’Allemagne pourrait-elle accepter qu’un pays emprunte au nom de l’UE, c’est-à-dire principalement en son nom, engageant ainsi la responsabilité de ses contribuables, sans avoir son mot à dire. Sans compter que les modalités juridiques ne pas évidentes dans le cadre des traités, de Maastricht à Lisbonne.

Au total, l’euro de Maastricht est sinon mort, du moins en soins palliatifs, définitivement condamné. Les critères de Maastricht ont sauté dès 2003, quand la France et l’Allemagne les ont écartés, la surveillance de la Troïka n’a pas empêché que la Grèce s’enfonce toujours plus, ni que l’Espagne et l’Italie soient les prochains dominos renversés. La BCE sans grands moyens, les fonds de secours (FESF puis MES) guère mieux lotis, les eurobonds repoussés à l’après-Merkel, l’euro enfin reconnu comme étant génétiquement monstrueux, le temps est venu de réformer l’UEM, ses institutions et sa gouvernance, afin de s’engager vers plus de cohérence. Mais, fondé sur une mauvaise analyse de la nature de la crise, le choix du « fédéralisme économique » des européens n’est pas plus viable.

L’illusion d’un fédéralisme bureaucratiqueLe problème urgent de ceux qui veulent sauver l’euro est de trouver les moyens de sauver les banques sans endetter les États. Avec les instruments développés pour sauver l’Irlande, le Portugal et la Grèce, il s’agissait en effet de sauver les États pour sauver les banques (notamment allemandes et françaises) qui avaient financé ces États. Mais les plans d’austérité qui ont conditionné le sauvetage ont plombé l’activité et les recettes fiscales, obligeant les États endettés à s’endetter ! Pour éviter le désastre qui suivrait la faillite d’un pays, fût-ce la petite Grèce, quand son accès aux marchés financiers est devenu trop coûteux, ses partenaires n’ont pas d’autre choix que d’effacer une partie de sa dette, en obligeant leurs banques à abandonner l’essentiel de leurs créances (environ 80 % dans le cas de la Grèce). Et il ne leur restait plus qu’à s’endetter pour les recapitaliser.

Le système est au bout du chemin, car ce scénario est intenable dans le cas de l’Espagne ou de l’Italie, qui sont de bien trop gros morceaux à avaler. L’austérité commence à enfoncer l’UE dans la récession (- 0,1 % actuellement) et les pays déjà secourus commencent à demander des délais de mise en œuvre des plans qu’ils ont acceptés contre les aides reçues ou à recevoir.

D’où la pression sur le énième « sommet de la dernière chance », des 28 et 29 juin derniers. Le débat y opposait le nord et le sud, les tenants de l’austérité pure et dure et les partisans d’une initiative de croissance associée à la solidarité financière. Alors que l’Allemagne refusait sans appel les euro-obligations (A. Merkel : « moi vivante, jamais !»), elle acceptait de discuter toute solution « non gratuite », c’est-à-dire qui n’impliquerait pas un centime d’assistance sans, en contrepartie, un engagement bien assuré à une rigueur accrue, par l’acceptation de constitutionnaliser la règle d’or, c’est-à-dire la ratification du TSCG. Pas de « solidarité » sans règle d’or gravée dans le marbre. C’est ainsi qu’elle acceptait, seul résultat concret du sommet, que le FESF/MES puisse financer directement les banques en difficulté, sans passer par l’intermédiaire de leur État, ce qui évite d’accroître les dettes publiques, mais avec la contrepartie d’une « union bancaire », c’est-à-dire la mise en place d’une supervision directe des banques de la zone par la BCE.

Problème, comme ce système ne sera pas mis en place avant la fin de l’année et celui-ci devant donner son aval préalablement à toute intervention du MES, les décisions du sommet ne seront guère opérantes avant plusieurs mois. Or il y a urgence. Et ce n’est pas la maigre centaine de milliards du pseudo pacte de croissance qui va soutenir l’activité. Par ailleurs, quelles seront les garanties ? Ce n’est pas davantage réglé. Déjà la Finlande réclame un collatéral (des actifs en garantie) pour se protéger du risque de contagion à toute la zone et préserver son triple A : selon Mme Urpilainen, ministre des finances, « la responsabilité collective pour les dettes (…) et les risques d’autres pays n’est pas ce à quoi nous devons nous préparer ».

Au-delà des auto-congratulations des auto-proclamés « vainqueurs » du sommet, les pays du sud, il est rapidement apparu que rien n’est réellement fait. D’ailleurs, la BCE a dû intervenir dès les jours suivants en abaissant son taux d’un misérable quart de point (à 0,75 %), mais comme en marchant sur des charbons ardents, en refusant toute nouvelle injection de liquidités. En conséquence, les marchés ne sont pas convaincus que cette intervention minimaliste contienne la récession déjà là jusqu’à la mise en œuvre des mesures décidées. Mario Monti en est bien conscient, qui a déjà appelé, dès le 7 de ce mois, à agir vite, reprochant au passage aux pays du nord, Finlande et Pays-Bas en l’occurrence, des déclarations « inappropriées » car destructrices de confiance.

Les fédéralistes se consoleront en expliquant que cela exprime la volonté d’adosser l’euro à une union politique, tellement nécessaire pour stabiliser l’UEM. La solidarité prépare l’intégration. Mais il s’agit d’une intégration et d’un fédéralisme purement économiques et monétaires, qui visent à écarter les peuples des décisions politiques pour écarter toute velléité de redistribution. Le fédéralisme dont on nous parle est anti-social et par là anti-républicain. En effet, les transferts de souveraineté envisagés, quant à la supervision bancaire et budgétaire, ne sont pas des transferts d’une instance politique nationale vers une instance politique supranationale, mais vers une bureaucratie sans légitimité électorale : le principe du cri de ralliement des Insurgents des années 1770, « pas d’impôt sans représentativité », est ici violé.
Une instance européenne à définir, non étatique, contrôlerait les dépenses des États ? Le principe en paraît inouï, mais quid de la faisabilité ? On a déjà vu comment, en 2003-2004, rien n’a pu s’opposer à ce que la France et l’Allemagne « oublient » les critères de Maastricht. Quelle pourrait être la force de loi d’une telle instance ? Un traité ? Dans combien d’années sera-t-il ratifié ? Et qui fera la police (la guerre) au(x) récalcitrant(s) ?

Un vrai fédéralisme suppose un Trésor public européen, une fiscalité européenne, un État-nation européen. Tandis que la Troïka aux commandes, ou la BCE seule, ce serait le gouvernement des peuples par les techno-bureaucraties financières : après les « gnomes de Zurich », voici ceux de Bruxelles. Historiquement, la bureaucratie a émergé pour gérer l’État pour le compte de la classe dominante, puisque, si l’État est toujours celui de la classe dominante, celle-ci peut déléguer son pouvoir quand son exercice devient technique. Mais ici, dans le cas de figure que nous préparent les élites européistes, le pouvoir irait à une bureaucratie sans État, c’est-à-dire une bureaucratie gouvernant une société sans classes. Encore une monstruosité.

À supposer que cela tienne, le résultat est inéluctable, une dépression générale, car casser les salaires ne restaure pas la compétitivité, mais déprime l’activité. La leçon de l’histoire de l’entre-deux-guerres est là : après 1929, il y a eu chômage et déflation jusqu’à ce qu’après 1939-1945 l’économie mondiale ne redémarre. Cependant, aujourd’hui le maintien des normes sociales de consommation et la résistance du modèle social font tampon, alors que la logique capitaliste est de les détruire ! Là est tout le dilemme du capitalisme : soutenir la consommation pour avoir des débouchés, mais tenir les salaires pour faire du profit. Avec l’approfondissement de la récession, les troubles politiques et sociaux seront à craindre, et les peuples dépouillés de leur représentativité politique, se retourneront alors contre ceux qui les en auront privés, ouvrant un boulevard au populisme, c’est-à-dire l’extrême droite.
Au total, les dirigeants européens nous vendent la « solidarité » et le « fédéralisme », mais ce n’est qu’un masque : en réalité il s’agit d’assister les États faibles pour éviter l’implosion immédiate du système, tout en leur imposant d’organiser la casse sociale pour tenter de le stabiliser dans la durée. Ils ne peuvent que chercher à gagner du temps pour accompagner la marche vers LA solution capitaliste : casser les salaires (d’abord la sécu, puis les fonctionnaires, etc). Et l’histoire nous a appris que cela résout rien : [font:f0d6=]l’austérité crée l’austérité et le crash est inéluctable. Dès lors, le problème n’est pas, ou plus, de savoir s’il faut sortir la Grèce de l’UEM, ou si les nordistes vont la quitter (ils peuvent y avoir intérêt), mais comprendre que l’UEM est dans une impasse. Quand la crise sera trop aigüe, le repli nationaliste, déjà engagé, risque fort d’être le recours « naturel » des peuples. Avec tous ses dangers. L’autre branche de l’alternative sera la République sociale. Aux peuples de choisir.






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MessageEurogueddon
par contact.lecteurs Sam 22 Sep 2012 - 15:49

Citation :

Crise de l'euro : de la grande convergence à la grande divergence, l'histoire de l'eurozone en un graphique.
Par Georges Kaplan.


http://www.contrepoints.org/2012/09/22/98067-eurogeddon

merci à Stefan pour le lien


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Messagele sauvetage de l'euro a déjà couté 1100 miliards €
par marie Jeu 11 Oct 2012 - 17:23

le sauvetage de l'euro a déjà couté 1100 miliards€

Ce chiffre a été calculé par le Fonds monétaire international. Il inclut les renflouements d'États et l'aide de la Banque centrale européenne.


Européens, encore un effort si vous voulez garder votre monnaie. Tel est le message qu'adresse le FMI, dans son «Rapport sur la stabilité financière dans le monde» présenté ce mercredi à Tokyo. Tout en saluant «les efforts considérables de nouveau accomplis par les dirigeants» européens, José Vinals, le conseiller financier du Fonds, leur demande «d'accélérer le rythme» pour rétablir la confiance et «renforcer la cohésion de la zone euro».

Financièrement, ces efforts sont certes d'ores et déjà considérables. Les experts du FMI ont calculé que depuis décembre 2009 les fonds publics engagés pour porter secours aux «pays de la périphérie» (Grèce, Irlande, Italie, Portugal et Espagne) s'élèvent à plus de 1100 milliards d'euros. Il s'agit d'une part des capitaux prêtés par le Fonds de soutien européen (FESF) et surtout par la Banque centrale européenne. Cette dernière a non seulement acheté des titres d'État, pour un peu plus de 200 milliards d'euros, mais elle porte désormais à bout de bras les banques de ces cinq pays: les refinancements de la BCE ont plus que triplé, dépassant 600 milliards de d'euros.

La crise de la zone euro, commencée il y a près de trois ans avec la Grèce, s'analyse comme une vaste fuite de capitaux privés auxquels les institutions européennes, BCE en tête, ont dû se substituer, souligne le FMI. Les banques privées ont ainsi diminué de moitié leurs engagements sur les cinq pays de la périphérie les ramenant à environ 750 milliards.

Les mouvements sont devenus gigantesques. Entre juin 2011 et juin 2012, l'Italie et l'Espagne ont enregistré des sorties atteignant 235 et 296 milliards d'euros respectivement (soit 15% et 27% de leur PIB). Ces chiffres recouvrent à la fois les désengagements des investisseurs non résidents, qui ont vendu leurs titres d'État, mais également des sorties de capitaux de la part des épargnants.

Union bancaire


La palme revient aux Grecs: ils ont réduit de 30% leurs dépôts dans les banques grecques. Même la France et la Belgique, curieusement regroupées dans un même bloc, ont subi des sorties de capitaux, certes limitées, de quelques dizaines de milliards d'euros à elles deux, signale le FMI.

En revanche, les établissements du «cœur de la zone euro», autrement dit l'Autriche, la Finlande, l'Allemagne et les Pays-Bas, selon le classement du FMI, ont vu leurs dépôts s'envoler, de l'ordre de 350 milliards d'euros depuis l'été 2011. Ces mouvements de ­capitaux qui divisent la zone euro ­expriment les craintes d'une «redénomination de la monnaie» (sic), en clair un ­retour aux devises nationales. «La fuite des capitaux et la fragmen­tation du marché (interbancaire) qui en ont résulté ont fragilisé les ­fon­dements mêmes de l'Union, à savoir des marchés intégrés et une politique monétaire commune effective», avertissent les experts de Washington.

Le FMI en décline toutes les ­conséquences, la tension sur les dettes souveraines, le désengagement des banques et en dernier ressort le manque de crédits pour les entreprises «de la périphérie» de l'Euroland. Il en appelle à la création d'une union bancaire européenne, avec «une mutualisation des ressources, un fonds de garantie des dépôts». Condition sine qua non pour la survie de la zone euro.



http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/10/09/20002-20121009ARTFIG00756-le-sauvetage-de-l-euro-a-deja-coute-1100milliards.php



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Message26.45 trillions $ de dérivés sur l'euro
par marie Mar 10 Fév 2015 - 19:00

26.45 trillions $ de dérivés sur l'euro
 
Selon la Bri ( banque des réglements internationaux ), le montant des dérivés liés à l'euro, représente 26.45 trillions de$ .
Inutile de dire l'épée de Damocles  qui pèse sur le systéme monétaire international,

au moment où la probabilité que la Grèce sorte de l'euro , devient très préocupante, ça laisse à réfléchir:

http://theeconomiccollapseblog.com/archives/day-reckoning-euro-arrived-26-trillion-currency-derivatives-risk

Mais ça n'est pas tout, il y aussi la chute des cours du pétrole et ses conséquences,
Les statistiques trafiquées  indiquent la recovery, de qui se moque t'on?


le baltic dry index  rejoint son plus bas de 30 ans, ce lundi 9 février,




Je vous invite vivement à lire l'analyse in extenso :
http://theeconomiccollapseblog.com/archives/listen-carefully-bankers-actually-telling-us-going-happen-next



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MessageRe: crise imminente de l'euro / les enjeux
par Imhotep Mar 10 Fév 2015 - 19:15

Attention quand même au BDI, sa capacité prédictive est faible. Cet indice est un indicateur synthétique des prix du fret de matières séches, évalué par les professionnels de la profession, pas de marché ou de cotation pour cet indice. Il faut savoir qu'il dépend ENORMEMENT de l'offre de navires à un instant T, instant qui est tres décalé par rapport à l'activité économique réelle.
Il y a aussi le Harpex dans le même genre, sur les porte conteneurs cette fois, avec les mêmes biais toutefois : http://www.harperpetersen.com/harpex/harpexRH.do?timePeriod=Total&&dataType=Harpex&floatLeft=None&floatRight=None


Si tu es prêt à sacrifier ta liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre.
En matière de complots, il y a deux pièges à éviter : le premier, c'est d'en voir nulle part ... et le second c'est d'en voir partout.
A la bourse tu as deux choix : t'enrichir lentement ou t'appauvrir rapidement.
J'ai dépensé 90% de mon fric en filles, boissons et bagnoles. Le reste je l'ai gaspillé

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